22 mai, journée internationale de la biodiversité.

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La perte de biodiversité s’accélère, détruisant peu à peu le disque dur de la nature. Un phénomène lourd de conséquences sur la santé et l’agriculture.

Alors que l’Allemagne accueille la conférence de l’ONU sur la biodiversité, les alertes se multiplient. L’Australie pourrait perdre son kangourou arboricole et ses tortues marines à cause du réchauffement climatique. Le caribou du Groenland est mis à mal par un décalage croissant entre le pic de productivité des végétaux dont il se nourrit et la naissance de ses faons. Comme le rappelle « Les seigneurs de la mer » aux amateurs du 7e art, plusieurs espèces de requins ont vu leur population diminuer de 75% ces quinze dernières années.

« Au cours des prochaines décennies, le rythme de disparition des espèces pourrait atteindre 1 000 à 10 000 fois le taux normal », confie Achim Steiner, secrétaire général adjoint et directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

– La perte de biodiversité nuit (déjà) à la santé –

L’érosion de la biodiversité est plus qu’un problème environnemental. Au-delà des espèces, ce sont les possibilités de découvertes et d’avancées qui disparaissent. Comme le rapporte une publication récente de l’Université d’Oxford (« Sustaining Life »), le processus a déjà commencé. Des recherches prometteuses de traitement contre l’ulcère gastroduodénal (qui touche près de 25 millions de personnes rien qu’aux Etats-Unis) ont été suspendues à cause de la disparition de deux espèces de grenouilles étudiées. « Près d’un tiers des 6 000 espèces d’amphibiens connues sont menacées d’extinction. Ces animaux produisent un grand nombre de substances qui restent à découvrir », précisent les auteurs du rapport. Certaines grenouilles survivent, par exemple, à de longues périodes de gel sans subir de dommages cellulaires. Comprendre ce mécanisme permettrait de mieux préserver les organes nécessaires à une transplantation.

L’hibernation des ours pourrait nous livrer des secrets pour mieux soigner l’ostéoporose, le diabète et l’obésité. Mais six espèces d’ours sont déjà menacées d’extinction. La liste des promesses est longue, mais se réduit comme peau de chagrin. L’ours n’est qu’un exemple alors que le dernier rapport de l’ONU, un million d’espèces sont en train de disparaître dans ce qu’il est maintenant convenu d’appeler « la 6ème extinction« .

L’appauvrissement de la biodiversité pèse, par ailleurs, sur le dossier brûlant de la crise alimentaire. 75% des variétés cultivées par l’homme ont été abandonnées au cours des cent dernières années. Aujourd’hui, deux tiers des calories sont apportées par les seuls blé, riz et maïs. La diversité agricole est pourtant, sinon la solution, une clé indispensable pour résoudre les défis alimentaires mondiaux.

Alors que selon l’ONU en 2018,  » 75% de l’environnement terrestre a été “gravement altéré” par les activités humaines et 66% de l’environnement marin est également touché », la journée mondiale de la biodiversité,  sera l’occasion de rappeler ces enjeux majeurs à tout un chacun.

https://www.un.org/fr/events/biodiversityday/

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