L’évolution de l’investissement socialement responsable (ISR)

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Novethic est un centre de recherche sur la responsabilité sociétale et environnementale des entreprises (RSE) et l’investissement socialement responsable (ISR). Deux notions en essor en France depuis plusieurs années.

ESG, ISR, RSE… Pas toujours facile de s’y retrouver entre ces trois acronymes qui se réfèrent au terme plus large de développement durable. « Ces trois notions en sont même l’incarnation », précise, très pédagogue, Anne-Catherine Husson-Traoré, la directrice générale de Novethic, au public du Green Dating. Mener une politique RSE consiste à intégrer des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans l’ensemble de la stratégie d’une entreprise.

Cette politique s’applique aussi bien à la recherche et développement, la production, les ressources humaines, qu’aux relations avec les actionnaires, les salariés et les clients. D’autre part, des spécialistes de l’analyse financière, comme les sociétés d’investissement, se sont tournés vers l’ISR et évaluent désormais des entreprises ou d’autres d’actifs d’après les critères ESG.

En 2001, quand Novethic, a été créé, la RSE était une notion totalement émergente. « Les pratiques sont en train de s’installer, mais les entreprises sont encore très rares à fournir des données extra-financières homogénéisées, fiables et de qualité « , précise Anne-Catherine Husson-Traoré. Les investisseurs ISR essaient donc d’obtenir ces informations qui rétablissent des liens entre la finance et l’économie réelle.

Si le marché de l’ISR était naissant au début des années 2000, il connaît aujourd’hui une croissance annuelle à deux chiffres en France. En neuf ans, l’ISR est passé d’une quarantaine de fonds actions détenant quelques dizaines de millions d’euros, à plus de 270 fonds pesant 34 milliards d’euros, même si ce nombre représente seulement près de 3% des encours investis dans des OPCVM français. Si on considère l’ensemble des actifs ISR, à savoir les fonds ouverts, mais aussi les mandats et l’épargne salariale, on atteint près de 51 milliards d’euros fin 2009, soit une augmentation de 70% sur un an.

L’impact de l’établissement de critères extra-financiers dans une entreprise est encore difficile à mesurer. De plus, jusqu’où un investisseur ISR parvient-il à inciter une société à améliorer sa politique de développement durable ? Cette intervention des investisseurs fait débat entre le fait de poser des questions inhabituelles, voire gênantes, aux entreprises sur la dimension ESG de leur stratégie ou exercer leur droit de vote, ce qui est obligatoire en France.

Selon l’enquête annuelle de Novethic auprès des acteurs de marché, 41% des actifs actions qu’ils détiennent font l’objet d’un actionnariat actif. L’engagement des investisseurs suppose ainsi une volonté d’influer sur la stratégie des entreprises, et sur leur système de gouvernance. Cette situation est fréquente aux Etats-Unis, elle se produit en Suisse, mais pas encore en France. En effet, un actionnaire actif de la Société général, la société de gestion Phitrust Active Investors, a récemment déposé une résolution pour séparer les fonctions de président et de directeur général de la banque française. Réaction immédiate du conseil d’administration de cette dernière qui a déposé une fin de non-recevoir… Malgré une progression certaine,  » l’actionnariat responsable reste encore émergent mais les acteurs qui s’y engagent, le font avec conviction », conclut Anne-Catherine Husson-Traoré.

Au final, le marché français de l’ISR qui était de 3,9 milliards d’euros en 2003, de 34 milliards en 2009 est passé de à 169,7 milliards d’euros en 2013, à 222.9 et fin 2017, les fonds concernés avaient un encours de plus de 1000 Msd€ – Source : http://www.novethic.fr

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